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TURGIS de Normandie

Réflexions et créations d'un être tripède tri-cérébral et de quelques autres créatures l'accompagnant

"sans tabou ni censure, sans haine ni racisme, dans un échange de liberté" "Français assurément, Normand entièrement"
pierre viking
Littératurgis

Contes scélas sagas
Interprétation sculpture
Apocalypse
 









Littératurgis


Des contes, scélas, épopées et sagas à la littérature d'aujourd'hui.


Le récit fantastique est aussi ancien que la pensée, car il a représenté la peur, le merveilleux au plus profond de chaque peuple, illustrant ses craintes dans les folklores, cristallisant ce besoin dans les ballades, odes et chroniques, s'enracinant dans les cérémonies sacrées à l’aube des temps.

Antérieur à l'écriture en raison des traditions verbales, les gardiens détenteurs du savoir transmettaient leurs récits oralement et ces odes étaient le plus souvent des épopées de guerriers, de combats de dieux ou de demi-dieux avec des créatures, bref du fantastique.

La mythologie, ou plutôt devrions-nous dire les mythologies mondiales, et plus près de nous les scélas celtiques, les sagas scandinaves, les épopées médiévales nous ont apporté ce lot de récits.

La mythologie tire son nom de deux mots grecs signifiant : discours fabuleux. Elle est constituée de fables ou fictions relatant des faits plus ou moins insolites ou invraisemblables. Mais par ces fictions nous apprenons l'état des croyances religieuses des peuples et de la façon dont ces derniers abordaient leur foi, leurs peurs.

La déformation du merveilleux et du religieux puise ses sources par le fait de l'altération des récits de l'histoire sacrée et de l'éloignement des hommes face à leurs dieux.

En chassant successivement de la Gaule les religions des gaulois, des germains, des scandinaves, le christianisme fut loin de déraciner complètement toutes les superstitions. Du mélange des croyances religieuses de ces différents peuples, on vit se former un grand nombre de traditions populaires qui subsistèrent longtemps et aujourd'hui encore celles-çi restent vivaces dans certaines contrées de France et dans d'autres pays industrialisés. C'est ainsi que nombre de personnes croient fermement aux sorcières, fées, apparitions étranges, gobelins et farfadets....

Les scélas dans la littérature celtique étaient exclusivement orales. Elles seraient perdues si des moines irlandais n'avaient eu l'idée de les transcrire avec, il est vrai, quelques modifications dues à leur croyance monothéiste. Ces récits narraient les déboires des héros dans leurs mondes, leurs dieux, leurs magies, le peuple avec les exagérations que cela comporte par le fait de la narration orale à travers les époques.

Les sagas nordiques sont une belle illustration de l'idéal guerrier et de la magie à travers l'univers d'un peuple. La magie des gestes, la magie des noms, car Odin possède 200 surnoms différents au cours de ses voyages et chaque surnom illustre l'instant de l'action et de la quête, d'où l'importance primordiale du verbe qui peut être lié aux formules incantatoires des magies.

Nous retrouvons cette complexité dans les sagas qui retracent la création de l'univers et de la terre avec ses neufs mondes :
- Mulspelheim, monde du feu et de la lumière, où règne le géant Surt, symbolise la colère d'un volcan.
- Niflheim, monde du brouillard et du froid glacial, où se terre le dragon Nidhug,
- Heilheim, monde des morts qui ne sont pas tombés au combat, monde dirigé par Hel, géante gardienne des morts.
- Jotunheim, monde des géants, colosses de la montagne ou thurses du givre, êtres immondes et stupides.
- Asaheim, monde des Ases, dieux de la souveraineté et de la force, incarnant le savoir et le destin.
- Vanaheim, monde des dieux Vanes, dieux de la fertilité apportant la fécondité à la terre et la richesse aux paysans.
- Alfaheim, monde des Alfes, génies aériens et lumineux aussi nommés elfes ; rares sont les hommes qui ont pu les apercevoir, car ils se rendent souvent invisibles. C'est un peuple très énigmatique.
- Svartalfaheim, monde des alfes noirs, que l'on appelle aussi nains ou trolls, êtres industrieux et malins.
- Mannaheim, monde des hommes.

Tous ces mondes avec leurs habitants, leurs démons, leurs horreurs et leurs grandeurs, illustrent parfaitement le souci du détail de la pensée nordique, et la cosmogonie en son état brut accessible à un peuple avec les situations les plus quotidiennes qui s'amplifient donnant ainsi naissance à un fantastique cosmique. Alors le merveilleux, enrichi lors des veillées, emplissait de son atmosphère chaque maisonnée et lors des grandes fêtes les sagas étaient déclamées à l'assemblée.

Ces sagas sont à l'origine de nombre de récits ultérieurs, tels les épopées médiévales qui ont emprunté aux mythologies : grec, celte, nordique... l'essentiel de la trame de leur récit, mais avec une symbolique plus intellectuelle, plus rigide.

La littérature narrative naissait, avec sa cohorte de héros celtiques : Arthur, Lancelot, Perceval ; héros plus étranges plus humains, plus captivants. L'imprévu des situations et l'apport de sentiments complexes dans les gestes amoureuses rendent plus proches du lecteur ces personnages.

Les contes relayèrent ce fantastique qui fut accessible aux enfants et adultes. Les monstres, les ogres et les animaux peuplent les nombreux récits recueillis par Charles PERRAULT (1628-1703) contrôleur général de la surintendance des bâtiments, les frères GRIMM, Jacob (1785-1863) philologue de son état, et Wilhelm (1786-1859).

La croyance au surnaturel et la religiosité des peuples alimentèrent cette littérature et en fit un genre naturel à l'époque puisque étant partie intégrante de la vie quotidienne, parfaitement illustrée avec les légendes dont regorge chaque région.

Ces contes fantastiques, déguisement habile du réel vécu, abordent les problèmes courant dans un contexte magique. Malgré l'horreur que peuvent inspirer certains contes, le fantastique des situations, animaux parlants, ogres horribles, dragons, fées, permet d'aborder les peurs enfantines les angoisses et la dureté d'un monde sans pitié. Aucun conte n'est anodin, car il est chargé de toutes ces répétitions orales, de tous ces affinements pour aiguiser la perception du spectateur et les recommandations pour aborder une vie adulte sainement sans trop d'appréhension. Bruno BETTELHEIM, dans son ouvrage "La psychanalyse des contes de fées" apporte les éclaircissements nécessaires sur le dit et le non-dit des contes. 
 
Puis vinrent les romans « fantastique et d'horreur », en effet dès le 18ème siècle naissait le roman dit noir, dénommé aussi roman gothique ou roman terrifiant.

Ce genre transforma le monde littéraire et bouscula tout ordre moral en raison de l'horreur des situations et de l'utilisation des décors. Le mal, la corruption, la mort, la peur furent les ingrédients du roman noir. Il ne faut pas oublier les décors de châteaux anciens, les souterrains parcourant des anciens couvents et les inévitables ruines qui donnent cette sensation incomparable dans une étude d'atmosphère.

Le château d'Otrante (1764) d'Horace WALPOLE, le moine (1797) de Mattew LEWIS, ou les élixirs du diable (1816) de Ernst Amadeus HOFFMAN auteur des célèbres contes, Melmoth ou l'homme errant (1820) de Charles Robert MATURIN sont l'archétype du roman noir qui enchanta le public de l'époque ainsi que les grands écrivains tel Victor HUGO.

Puis surgissant de l'ombre, le roman de la terreur pure apparut où l'auteur par des clichés apporte le long de son oeuvre le fantastique. Littérature mise en évidence par Edgar Allan POE (1809-1849) qui, avec ses "nouvelles histoires extraordinaires", s'engagea dans les ténèbres où il mourut, le delirium tremens ayant eut raison de sa vie.

Ambrose BIERCE (1842-1913) avec le "Dictionnaire du diable" et Gustav MEYRINK (1868-1932) avec "Le Golem" apportèrent un genre différent au fantastique terrifiant; leurs auteurs étant liés directement à leurs oeuvres par leur vie, où l'horreur et le pessimisme ne faisaient qu'un, créant en chaque individu une pulsion morbide dans le désir de décrire des scènes terrifiantes.

Mais sans conteste, celui qui apporta le plus au fantastique par la description minutieuse de son univers fut Howard Philipp LOVECRAFT (1890-1937). Cet écrivain sut décrire des situations de terreurs sans monstre, jouant uniquement sur l'atmosphère des lieux et sur la psychologie de l'individu. Il réinventa une mythologie fantastique, avec des êtres marins, décrivant la beauté d'un univers horrible. Ainsi l'auteur reprenant la puissance du demi-exprimé qui devient en raison de la psychologie propre à chaque individu, plus horrible car nourri de ses propres peurs ou même de ses cauchemars ancrés au plus profond de son moi de son inconscient ou de son âme...puisant ces sources dans les peurs ancestrales de l'humanité et de la naissance douloureuse de nos ancêtres.

La sorcellerie moyenâgeuse eut une grande part dans son oeuvre, avec les cultes des possessions, la démonologie et la création pure de ses propres entités maléfiques. Nous retrouvons l'isolement de l'homme face à la société des préjugés et des exclusions. Ces romans "La couleur tombée du ciel", "Dagon", "L'affaire Charles Dexter Ward", "Je suis d'ailleurs", "Légendes du mythe de Cthulu" furent diffusés seulement après sa mort grâce à ses amis ou du moins ses admirateurs..

De son vivant H.P. LOVECRAFT fut toujours considéré comme un être reclus craignant les agressions du monde moderne, vivant au sein de sa bibliothèque.

Les successeurs du phénomène LOVECRAFT furent August DERLETH, avec "Le masque de Cthulhu" et "La trace de Cthulhu", et Brian LUMLEY, avec "Le réveil de Cthulhu" et "Les lunes de Borée".

Jean RAY (1887-1964) décrit quant à lui un univers proche du notre mais avec monstres tapis dans les vieilles demeures ou dans nos esprits, crimes atroces, crainte du surnaturel. Les situations priment la description détaillée, et l'impact est moins constant plus direct, lié à un lieu, alors qu'avec LOVECRAFT le malaise se poursuit partout en tout lieu.

Mais celui qui apporta un renouveau féerique du genre fantastique fut John Ronal Reuel TOLKIEN. Né en 1892, diplômé d'Oxford, il fut titulaire d'une chaire de langue ancienne puis de langue et littérature anglaise.

TOLKIEN travailla quatorze ans à son oeuvre maîtresse, "Le seigneur des anneaux" paru en 1954, cycle épique d'une mythologie empruntée directement aux scandinaves.

Ce chef d'oeuvre incontestée de la littérature retrace l'épopée de nains traversant diverses contrées, rencontrant elfes, géants, trolls et forêts magiques et l'incontournable magie qui combat avec son côté blanc, le côté noir luttant pour la possession des mondes.

Ce voyage prend l'allure d'une quête initiatique, telle la recherche du Saint-Graal, où périples, embûches, tentations mettent à l'épreuve la foi et la moralité de ceux qui entreprennent le voyage.

Cette oeuvre fut accueillie unanimement par les adultes et les adolescents, car cette épopée s'adresse à tous, tant par la beauté du texte que par la richesse des situations et des personnages.

Les contes de notre enfance ne sont-ils pas emprunts de ce fantastique, de ces féeries, des impossibilités de notre monde. Qui peut prétendre n'avoir jamais raconté un conte ou une histoire fantastique à ses enfants ? Mais, contrairement aux dessins animés qui deviennent « Tout-cuit, pré-mâché, pré-digéré », les contes et récits enrichissent le vécu ; dans la littérature, chacun imagine et se représente les protagonistes d’une histoire en fonction de son intellect et de sa propre psychologie ; l’imaginaire alors, est toujours au rendez-vous.

Mais ces mêmes parents qui rejettent la littérature fantastique et de science fiction, la jugeant trop indigne ou même comme une sous littérature ; comme si le genre d’une histoire qualifiait d’entrée la qualité d’un ouvrage.

Ces personnes qui repoussent en bloc le fantastique, louent sans réserve la mythologie dans son ensemble avec toutes ses impuretés ces étalages de vengeance et d’amoralité, où la seule norme fixée étant d’avoir une concupiscence notoire. Les mythologies grecques et romaines excellent dans ces travers pervers.

Le fantastique commence dès l’enfance car toujours, même si parfois il y a cruauté, le rêve et l’espoir sont au rendez-vous. La prolongation de ces contes se fait par le fantastique et la science-fiction, qui par leur domaine de l’imaginaire sonde et touche le noyau de notre être pour en tirer un cristal qui toujours s’éclairera, chaque facette en sera un miroir de notre conscience profonde.

Théodore STURGEON (1918-1985) écrivain d’une hyper-sensibilité ou chacun de ses personnages et confronté à la société du fait de son anormalité. Les adultes et les enfants vivent alors dans la solitude mais ne désespèrent jamais. Bien souvent l’infirmité ou l’anormalité permet à ces personnes de se dépasser afin que cela devienne un tremplin pour surpasser les autres. « Les plus qu’humains » est un livre d’une richesse d’étude sur le comportement hors norme, physique et social. Il y a là l’éloge de la différence, un hymne à reconnaître autrui tel qu’il est. De la variété nait la richesse, il faut apprendre aux enfants à rêver à imaginer d’autres mondes, notre univers devient triste et les adolescents sans but errent, hagards dans un espace sordide car dès l’enfance leur aptitude à accepter la diversité des autres et à pouvoir rêver éveillé à été tué dans l’oeuf. Certes il y a un temps pour tout mais l’on devrait pouvoir réveiller ce troisième oeil qui permet un autre regard et une approche plus saine de la vie. Les enfants sont perdus dans un monde d’adulte du fait que ces derniers manquent de capacité à accepter la diversité et peut-être que la société leur demande d’être trop tôt responsable et adulte, sans leur donner le temps de rêver.

Il s’avère que la littérature fantastique permet sans contrainte de faire vivre l’imaginaire qui se trouve ancré au tréfonds de notre âme, car elle s’appuie aussi sur un fond collectif de l’humanité. L’homme de même que l’adolescent a besoin de cette source pour débrider son imagination dans un contexte donné. Un humain sans imagination et comme un végétal, une fleur qui attend qu’on la coupe, elle ne fleurit qu’une fois et se fane.

Un survol historique des précurseurs et grands écrivains du fantastique ; auteurs, romanciers, scientifiques, religieux nous fait mieux saisir la palette illustre dont se compose cet art, et nous ne pouvons que constater la richesse des teintes et demi-teintes de chacun, composant ainsi un tableau qui donne toutes ses lettres de noblesse à ce genre littéraire.

Quelques écrivains connus ayant fleurté avec le fantastique -
THEOPOMPE –Historien Grec - "La terre des Méropes"- 350 AE
LUCIEN- Historien Grec -"L'histoire véritable" 160 AE
Anonyme - "Faust" 1587
KEPLER Johannes – Astronome Allemand - 1571-1630 - "Le somnium ou le songe" 1620
GODWIN – Evêque Anglais - "L'homme dans la lune" - 1638
CYRANO DE BERGERAC Savinien – Ecrivain Français - 1619-1655 - "Etats et empires de la Lune" 1657
DE FOE Daniel –Ecrivain Anglais - 1660-1731-"Translated from the lunar language" 1705
VOLTAIRE - Ecrivain Français - 1694-1778 -"Micromégas 1752
GOETHE Johann –Ecrivain Allemand - 1749-1832 "Faust" 1773
NODIER Charles –Ecrivain Français - 1780-1844 "La combe de l'homme mort" 1821
BALZAC Honoré – Ecrivain Français - 1799-1850 "L'élixir de longue vie" 1830
LAMARTINE Alphonse – Poète Français - 1790-1869 - "La chute d'une ange" 1838
MERIMEE Prosper – Ecrivain Français - 1803-1870 - "La vénus d'Ile, Lokis" 1840
POE Edgar – Ecrivain -Américain - 1809-1849 - "Histoires extraordinaires" 1840
GOGOL Nicolaï – Ecrivain Russe - 1809-1852 - "Le nez" 1850
SAND Georges – Ecrivain Française - 1804-1876 "Laura" 1850
DUMAS Alexandre – Ecrivain Français - 1824-1895 - "Isaac Laquedem" 1853
NERVAL Gérard – Ecrivain Français - 1808-1855 "Aurélia" 1855
GAUTIER Théophile - Ecrivain Français - 1811-1872 - "Spirite, contes fantastiques" 1865
BULWER LYTTON Georges - Homme d'état Anglais - 1803-1873 - "La race à venir" 1873
VILLIERS DE L'ISLE ADAM Auguste - Ecrivain Français - 1838-1889 - "L'ève future" 1886
ROSNY AINE J.H. - Ecrivain – Belge - "Les Xiphéus" 1887

Erik G. TURGIS


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