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TURGIS de Normandie

Réflexions et créations d'un être tripède tri-cérébral et de quelques autres créatures l'accompagnant

"sans tabou ni censure, sans haine ni racisme, dans un échange de liberté" "Français assurément, Normand entièrement"
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L'interprétation et l'essence de la sculpture

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La sculpture et la peinture sont nées simultanément, car l'homme depuis les temps les plus lointains, a voulu représenter la nature avec ses incompréhensions, ses mystères, sa loi impitoyable.

La sculpture, expression première de la pensée, s'est imposée de prime abord comme l'extériorisation de la pensée figurative, et le cerveau de nos ancêtres a voulu rendre palpable la chose pensée et la reproduire sur les parois des cavernes.

Environ 30 000 ans avant notre ère, c'est-à-dire vers le Paléolithique supérieur, les chasseurs effectuaient de splendides bas-reliefs sur pierre, tel la "Vénus à la corne" à Laussel en Dordogne ou les gravures sur os magnifiquement ciselées.vénus corne stéatopyge préhistoire sculpture pierre gravure ivoire tête arts préhistorique artistique taille

Les fameuses "Vénus" stéatopyges de nos ancêtres, illustrent bien cette recherche de figuration réaliste dans l'espace. De même, les dessins rupestres représentent une parfaite symbiose de la peinture et de la sculpture, en ceci que le dessin au trait, coloré ensuite, épouse les formes de la paroi, inscrivant en cela un mouvement supplémentaire à sa représentation, liant deux éléments dans une vision parfaite de simplicité mais ô combien éloquente à nos yeux!

Dans la sculpture nous retrouvons toute la mystique de la création, création divine comme certain pourrait le penser car nous retrouvons le caractère magique de la créativité. "Dieu forma l'homme de la poussière de la terre" -Genèse 2-7- mais avant tout, création magnifique de l’espèce humaine.

La préhistoire, avec l'adoration et la vénération de sculptures semi-naturelles, puis formées de mains humaines, a fait prendre aux sculptures une dimension extra-humaine. Le culte voué à ces représentations s'étendit et s'élabora, permettant de cristalliser les croyances vers un foyer qui conjuguait les espoirs et les craintes des personnes. En sacralisant le verbe pour devenir sacrées elles-mêmes, les sculptures furent le foyer, le réceptacle du divin, du magique ou d'une parcelle de divin, et de ce fait le respect du sacré s'opéra.Notre-Dame de Paris, Arcatures et bas-reliefs des souboassements des piédroits, portail de la vierge 1210-1220 france architecture cathédrale artiste sculpture

La sculpture, comme tout art, implique la personnalité entière de son créateur, son conscient certes, trace, jauge, juge, décide ; mais au regard de tout cela le subconscient veille, appliquant son empreinte dans chaque geste. Chaque œuvre créée, garde une trace de l'univers de son auteur, s'adressant au subconscient de ceux qui l'admirent. C'est ainsi que le public, à travers les pays, les époques, les cultures, peut admirer et apprécier une œuvre d'art. Chaque personne, résonne ou raisonne différemment devant une œuvre, non pas uniquement en raison de sa culture ou de ses connaissances acquises, mais de l'affectivité que cela entraîne. On ressent une œuvre, tel un gène ego trouvant son gène primitif au sein du subconscient, éveillant des images, des impressions, qui font ressentir l'œuvre.

L’art est comme un chant à la vie ou une prière à la nature, il doit être sincère ou ne pas être. Il permet à son auteur de toucher les endroits les plus enfouis au tréfonds de notre personnalité. Endroits sacrés où l'art puise, pour aller rejoindre le public et se nicher dans ce réceptacle qu'est notre cerveau afin de faire vibrer chaque diapason humain, car que cela soit : bonheur, angoisses, douleurs, chaque être vibre suivant le moment, à ces fondements de l'humanité.

L'art pour être beau, doit passer par les méandres de notre pensée. En effet, l'imprégnation que cela comporte, donne une connotation plus humaine, avec ses défauts, ses errements ou la fragilité de la pensée, la force et le désespoir de la course contre le temps donne à l'œuvre tout son relief.

Certaines cultures ont voulu donner un ordre du beau, une échelle précise à respecter, un canon géométrique idéal. Cela à nuit aux artistes qui, sur un moule imaginaire ont tenté de produire de belles sculptures, mais ce sont enfermés dans la rigidité des schémas où les corps ne vivent pas mais posent sans essence subtile, sans âme. Car voilà le problème majeur de l'artiste donner une âme à la représentation figée, la faire vivre par elle-même sans mouvement.

La sculpture a toujours gardé ce côté mystérieux, car se rapprochant du réel palpable, avec les représentations humaines et le bestiaire fantastique qui ne fit qu’alimenter cette approche, car l’œuvre sculptée ressemble à un être vivant pétrifié prêt à revivre.

L'art s'imprègne de la culture, de la mémoire collective, de son implantation géographique et historique, mais avant tout l'art est interprétation et non copie, car sans cela il n'y aurait plus cette affectivité qui relie l'artiste au public. Je ne parle que de création et non de copie, même si la copie peut être parfaite et devenir un objet d’art, elle n’en reste néanmoins qu’une copie. Le travail du copiste et de reproduire exactement le modèle, de même qu’en dessin ou en peinture si l’on cherche à reproduire son sujet il faut d’abord le maîtriser par son approche, puis le retranscrire fidèlement.

Il faut en un mot être « digne » de son sujet, si l’on devient vague ou si un flou se fait sentir sur son travail cela ne devient plus que l’interprétation entre l’artiste initial et le copiste. Cette digression n'a eu pour objet que d'essayer de faire saisir le cheminement et la source de l'art. L'artiste lors de toute création, engage pleinement chaque parcelle de sa pensée, qui ainsi va imprégner son œuvre, la transfigurer, donnant ainsi ce caractère propre à chaque sculpteur.

L'œuvre statuaire de Michel-Ange nous fait saisir ce caractère, chaque statue est empreinte d'une force herculéenne mais avec une certaine lourdeur dans le visage. Cette vision est à rapprocher du personnage de l'artiste qui lui était chétif, grave insatisfait, c'est ce dernier trait qui ressort de l'œuvre de Michel-Ange.

De même nous ressentons l'esprit torturé de Rodin ou chaque personnage semble être en proie à des souffrances intérieures donnant ce caractère vivant à chaque sculpture ou la puissance intérieure ressort sublimé par la force de la sculpture. Ces deux exemples illustrent bien, que chaque création n'est jamais anodine pour l'auteur.

Les œuvres non finies de ces deux artistes ont nombre de points communs qui les rendent encore plus saisissantes. L’œuvre émerge ou se trouve encastrée dans le bloc brut de marbre, et la force de caractère qui en émane est troublante tant par le jeu d’ombre naissant que de la forme augurant l’état futur. Ce caractère non achevé en fait une sculpture plus proche de l’artiste car non polie de cette finition qui parfois enlève l’aspect naturel de l’être

Il faut transcender le sens de la vie, et tel un artiste du moyen âge devant une cathédrale, le but sera l'art, créer l'œuvre absolu rechercher, tel Rodin avec sa porte des enfers chef-d'œuvre de la tourmente de l'esprit, dans les méandres de notre cerveau, l'absolu quête, la vérité de notre recherche, et se mettre à nu par création interposée. Rechercher notre origine, notre finalité, et réduire cela à une œuvre même maladroite mais sincère, voilà à quoi doit s'exercer l'artiste dans sa création.

L'artiste ne veut ou ne peut pas toujours représenter la nature mais plutôt l'esprit, et l'empreinte que l'humanité laisse reste à jamais indélébile dans sa création.

Il faut relire l'ouvrage de Kant "Critique de la faculté de juger" Livre II Analytique du sublime les paragraphes 43 à 54 sur les beaux-arts ou il disserte sur la faculté productive et innée de l'artiste, sur l'originalité et l'exemplarité de la création de l'artiste.

La sculpture est un art, et comme la peinture et l'écriture, un moyen d'expression, mais le message doit être déchiffré, laissé intentionnellement ou inconsciemment, peut importe, l'essentiel de la démarche devant être effectué par le public.

L'artiste n'est-il pas un être torturé, tentant par son art d'extérioriser ses pulsions, ses craintes, les souffrances cachées de l'homme. Art exigeant en raison de la concentration visuelle et physique, mais tellement passionnant, où l'homme concrétise une pensée par un objet. D'un dessin, d'une esquisse à deux dimensions, l'artiste crée une forme à trois dimensions où la place dans l'espace joue pleinement son rôle.

Créer pour avoir non seulement la joie de regarder son œuvre, mais aussi ressentir la beauté d'une courbe par le toucher, jouer avec les jeux de lumière sur les parties saillantes et cachées de l'objet, découvrant ainsi maintes autres expressions d'une même œuvre.

L'aspect général de la silhouette doit être d'abord approché dans un ensemble englobant la totalité de l'œuvre, puis le relief et le galbe de la chose touchée pénètrent en nous, nos sens sont alors exacerbés ce qui permet de mieux nous faire saisir l'ensemble. La vue et le toucher s'interpénètrent afin de ne faire plus qu'un, faisant vibrer la sensibilité de chacun, qui devient acteur et non plus passant ou voyeur.

Le sculpteur fait passer par l'amour de son œuvre, du travail accompli un flot d'ondes spirituelles qui se dégage de sa création ; les coups de massettes et gouges ou burins, font ressortir l'œuvre avec les facettes et les nuances dues à son état primitif. L'essence de la chose sculptée doit atteindre son but par la vibration qu'elle dégage, même si ce n'est qu'un rayonnement fugitif, elle doit exister par son authenticité.

Nos musées manquent de sculptures en général et plus particulièrement de sculptures pouvant être palpées librement afin que chacun sente sous sa main la forme. Les adultes et les enfants regardent mais ne voient pas, ils doivent pouvoir ressentir le modelé du bout des doigts, avec la paume, s'imaginer mentalement en fermant les yeux le relief représenté.

Découvrir la joie et la fierté d'un enfant face à l'œuvre créée de ses mains. Découvrir l'éveil que toute création apporte à l'enfant, correctement orienté, car l'art et le développement créatif sont indispensables à l'humain, et principalement à l'enfant. Il faut ouvrir des fenêtres multiples sur l'art afin de faire ressentir un certain esthétisme poétique et plastique.

La sculpture apporte cet élément créatif, et de plus apprend une certaine gestuelle qui développe la connaissance de soi et de sa maîtrise. Réaliser une œuvre est en soi un défi créatif et manuel, car cela amène l'artiste à devoir surmonter, à chaque geste, une nouvelle épreuve.

La pensée et le geste se trouvent ainsi réunis dans une même action de création, cassant cette dualité que certains voudraient obtenir entre l'intellect et le manuel.

Erik G. TURGIS







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