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TURGIS de Normandie

Réflexions et créations d'un être tripède tri-cérébral et de quelques autres créatures l'accompagnant

"sans tabou ni censure, sans haine ni racisme, dans un échange de liberté" "Français assurément, Normand entièrement"
leopards cats ecusson blason normandie manche calvados eure orne seine-maritime basse-normandie haute-normandie
Caricaturgis

Danse macabre
Cène obscène
Juif errant


Verrat versus capra
Néo-apocalypse






Mise en scène de l'obscène






Avant la lecture du texte qui suit, je tiens à signaler que la teneur de cet écrit peut heurter la sensibilité des jeunes gens et des croyants dans une divinité quelconque, de même que tout représentant religieux ou représentant d’une quelconque pensée, en conséquence, afin de poursuivre la lecture, vous devez hocher de la tête d’avant en arrière signe de l’acceptation des risques encourus, si vous n’êtes pas d’accord ou pas encore prêt à prendre ces risques, hochez la tête de gauche à droite, puis passez à autre chose sans continuer la dite lecture. Après avoir accepté les risques vous allez être confronté avec des idées qui ne seront pas en accord avec les vôtres et qui risquent de heurter vos croyances, vos idées ou vos conceptions d’une certaine liberté de penser.

Deux disciples d’un petit rabbi galiléen ignoré de tous ou presque s’en allèrent à la quête d’une salle afin de pouvoir respecter et fêter Pessah. Certes comme à chaque fois il n’était pas toujours facile de trouver un lieu suffisamment grand pour accueillir l’assemblée mais les deux disciples savaient aussi qu’ils agissaient sur la requête d’un rabbin donc la gente populaire se ferait une joie de contenter leur demande. La venue en ce lieu, d’un tel personnage dans une maisonnée était aussi un privilège ; ils étaient confiants pour obtenir la salle sans trop de problèmes afin de l’apprêter pour la venue de leur maître.

Dans l'après midi, un brouhaha parvint aux oreilles du propriétaire de l'établissement devant lequel l'attroupement avait fait halte avec les délégués du rabbi. En effet, un tel bruit dans le quartier était assez inhabituel alors il descend afin de s'enquérir du pourquoi de cette agitation. Mais à peine fut-il au rez de chaussée qu'il aperçoit les deux disciples venus le trouver pour prendre possession de la salle. Ces derniers aussitôt lui indiquent que la maîtresse de maison vient de leur louer la salle. Le mari ne sait plus quoi penser, ou tout du moins sait-il que ce n'est pas dans son intérêt de refuser les désirs de la maîtresse de maison. Néanmoins il ne s’attendait pas à une telle publicité pour son établissement. Sa maisonnée était déjà en effervescence car les femmes qui étaient venus avec les disciples du rabbin préparaient déjà la salle. Le propriétaire se rendit bien compte que de son avis point l'on n'avait besoins, alors il repartit vaquer à ces occupations. Des femmes passèrent leurs têtes par les fenêtres pour se rendre compte si celui que tous et toutes attendaient était enfin arrivé. Marie-Magdala quant à elle se rendit au domicile de Myriam, la mère du rabbi, pour lui annoncer la venue de son fils.

Ils sont venus, ils sont tous là, il y a là-bas ton fils Ieschoua, venu spécialement pour Pessah, il y l'oncle Eli venue de Béthanie et aussi le vieux Moshé …. Dit-elle, chantonnant légèrement, enfin je vais le revoir.

Les délégués du rabbi passèrent dans les quartiers avoisinants afin d'alerter la population que vers le soir celui qui avait réalisé des miracles, serait dans le quartier. Venez nombreux dirent les deux hommes, car vous pouvez être guéris, rien qu’en le touchant, et tout cela sans débourser un sicle, il est le seul l'unique à pouvoir le faire. Venez applaud.... apprécier son spect.... son spécifique pouvoir. La foule sortait des maisons en attendant l’annonce des envoyés du maître. La plupart avait déjà connu les charlatans en tous genres, mais dans l'ensemble ils étaient intrigués et d'ailleurs il faut le dire les spectacles n'étaient pas si courant dans le coin mise à part les exécutions de Pontius Pilatus le sanglant.

Alors beaucoup de simples citoyens coururent se poster à l’endroit indiqué afin d’avoir les meilleures places, les bourgeois de la ville étaient quant à eux plus discrets, ils avaient fait envoyé leur esclave pour retenir les places et ainsi pouvaient-ils arriver au dernier moment.. Un mendiant sourd et unijambiste, qui n’avait rien entendu bien évidemment du message se demanda se qui se passait en cette ville d'habitude si calme, mais comme il vit son compagnon d’infortune, aveugle mais entendant, qui ne bougeait pas, il se dit que cela ne devait pas les concerner. Mais la famille de l’aveugle avait omis de dire à son ami qu’il avait eut la langue coupé par les romains pour avoir proféré des injures. Pendant ce temps un cul-de-jatte tentait vainement de suivre la foule. Personne pourtant ne se préoccupait de ces pauvres là, d’autres indigents et exclus rêvaient d’un monde merveilleux ou grâce à ce nouveau venu dans quelques siècles il n’y aurait plus de pauvres, plus d’exclus, s'ils avaient entendus le message ils auraient pu croire que nulle guerre n'existerait, que tous nous serions égaux et grâce à ce mouvement naissant la paix et l'égalité régneraient enfin sur la terre. L'aveugle sourit alors à ces pensées et il émit un bruit, oui moi aussi j'ai faim répondit le sourd, mais ils sont tous partis de l'autre côté de la ville.

Lorsque Ieschoua se présenta devant la maison où il devait faire Pessah, il feignit d’être étonné de voir tant de monde, en effet il refusait l'habitude d'apparaître en public s'il y avait moins de cent personnes. Un des apôtres lui conseilla de faire un petit miracle histoire de les calmer un peu sinon il serait impossible de pénétrer dans la maison et de faire Pessah. Ieschoua allait appeler un aveugle lorsqu’un apôtre décida d’en prendre un autre, en lui disant que celui-ci était extrêmement malheureux. Mais sur le trajet l’amenant au maître l’apôtre chuchota à l’aveugle, « je sais que tu es un simulateur, je t’ai vu hier soir, donc tu as le choix, ou tu déclares voir et être guéri et tu passes pour un miraculé dans ton quartier, ou tu refuses et je dis a tout le monde que tu les as berné depuis 5 ans, et tu imagines comment la foule accueillera cette nouvelle » bon ça va j’ai compris rétorqua le faux aveugle. Le maître apposa sa main sur ce dernier, et soudain celui ci se mit à voir il cria et exulta «  Je suis guéri, je vois », et tous s’extasièrent sur les pouvoirs du maître et l’ancien faux-aveugle convainquit tout le monde en nommant les gens sans les toucher ni les entendre, reconnaissant chacun d'eux. Il fut accueilli comme un miraculé et chacun voulu le toucher et lui offrir à manger pour les jours à venir. C'est bizarre pensa alors Ieschoua, j'ai réussit du premier coup, pourtant cet après midi j'ai essayé en cachette sur une fillette dans une ruelle déserte et ça n'a pas marché. Cela doit être à cause de la gosse se dit-il, elle n'avait pas assez la foi, tous pareils ces enfants ils veulent tout et tout de suite mais ne croient jamais les grandes personnes. C'est bien fait pour elle, voilà ce que c'est de n'être pas assez croyante, et bien maintenant elle le regrettera toute sa vie. En disant cela il eut un sourire de satisfaction.

Le rabbi Ieschoua et ses apôtres, Simon-Pierre, André, Jacques dit le Majeur, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas dit le Didyme, Jacques dit le Mineur, Simon dit le Zélote, Jude ou Judas fils de Jacques ou Thaddée , Judas Iscarioth, ainsi que d’autres invités pénétrèrent dans la maison et se dirigèrent dans la salle qui avait été préparée avec soin. Ils s'installèrent dans l'ordre bien évidemment des préférences que le maître avait pour chacun, et aussi suivant l'importance du rôle que chacun jouait.

Ieschoua leur dit : J’ai fort désiré de manger cette pâque avec vous, avant que je ne souffre ; car je vous dis que je n’en mangerai plus; jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. Maître lui dit Simon-Pierre, essaie d'être un peu plus clair car ils n'ont rien compris. Ieschoua quelque peu mécontent de devoir être plus explicite reprit ; Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; or le pain aussi que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde.

Voilà un langage qu'il devrait comprendre rétorqua Ieschoua en direction de Pierre et André.

Les Juifs entendant ces curieuses paroles commencèrent à discuter entre eux.

Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger ? Tout d’abord se dirent-ils qui nous dit qu’il est comestible et sa chair est-elle vraiment tendre.

Ieschoua quelque peu énervé de les voir discuter entre eux sans faire attention à lui reprit la parole et leur dit :

En vérité, oui en vérité, je vous le dis : Si vous ne mangez pas la chair du fils de l’homme et ne buvez point son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang aura la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.

Alors les invités présents dans la salle se demandèrent quel était ce miracle, comment un homme pouvait donner sa chair et son sang à boire. Cette nourriture constitue-t-elle un sauf-conduit pour la vie éternelle. Certains même se demandèrent si tout cela ne sentait pas l’arnaque et que Shatan ne se cachait pas derrière tout cela ; car manger de la chair humaine, n’était-ce point retomber dans une sorte d’animalité. Un des proches acquiesça en se disant que pour son salut, et celui de sa famille, il ne resterait pas plus longtemps dans cette salle au risque d’être convaincu par les pouvoirs que détenait le démon. Il fut suivit par un grand nombre de ses amis qui ne voulaient pas non plus être assimilé à ce culte démoniaque. Certains tout en sortant marmonnaient « que nos ancêtres aient pu dans les temps anciens manger de la chair humaine, passe, mais plus maintenant. »

Ieschoua feignit d’ignorer ces départs et cette agitation, il était habitué car tous ces spectacles ne faisaient pas salle comble, alors il continua de plus belle en réitérant son message.

« Car ma chair est en vérité un aliment, et mon sang est en vérité un breuvage. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui . Puis prenant un pain, ayant rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi  Puis ayant reçu une coupe que lui tendait un de ses assistants, il rendit grâces après le souper, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est versé pour vous  : Prenez ceci dit-il et distribuez le entre vous, car je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu ».

Même les apôtres se demandèrent ce qui arrivait à leur maître, car jusqu’à la c’était plutôt le contraire qui se passait, il prenait presque rien pour en faire beaucoup et nourrir une grande masse de gens alors que là subitement il demandait à son entourage de le manger et de le vider de son sang afin de s’en régaler. Mais que voulait dire le maître se questionnèrent-ils, car ils le virent rompre le pain et en faisant de petits morceaux le donner à chacun d’eux afin de les nourrir. Chaque assistant regarda son voisin pour voir si l’un d’eux mettait à la bouche ce simple morceau de pain aurait-il le goût du pain tel qu’il pouvait l’apercevoir ou serait-ce la saveur de la chair humaine qu’ils auront en bouche. Mais comme Ieschoua les regardait étrangement et avec sévérité, ils le mirent dans leur bouche et l’avalèrent sans le mâcher afin d’éviter de sentir l’éventuel goût tant redouté. Leur inquiétude, comme ils purent le constater, n’était pas finie pour autant, car leur maître après avoir porté la grande coupe à ses lèvres, la tendit à son voisin qui était Simon-Pierre, afin qu’il bût à son tour. Pierre, eut quelques hésitations, il avala une gorgée, et fut étrangement surpris de ne pas sentir autre chose que le vin, alors il passa la coupe à l’assitant assis près de lui et ainsi de suite, si bien que la coupe fit le tour de la table.

Le rabbi Ieschoua leur dit : Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est versé pour plusieurs, il se tint sans rien dire pendant un court temps, puis peu après il quitta la table pour rejoindre Marie Magdala qui se faisait du souci , ainsi que sa mère qui le regardait tristement comme si elle pressentait le malheur qui allait s’abattre sur sa maison.

Pendant ce temps les assistants du rabbi, dans la grande salle, étaient en grande discussion, car ils débattaient toujours de tout, et ils étaient rarement d’accord sur l’ensemble des sujets mais comme chaque fois les discussions duraient des heures, ce qui avait aussi l’avantage c’est que chacun pouvait donner son interprétation, et remettre en question certaines interprétations de l'autre sans que cela soit interdit. Le désaccord entre les délégués portait sur certains points du discours prononcé par le rabbi Ieschoua,. Sa déclaration « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui » était particulière. Donc dit l’un si je fais ça je suis en lui et lui en moi, mais alors suis-je encore moi ou seulement un peu moi et un peu lui, et lui s’il est un peu moi il sait donc qui je suis complètement ou un peu, donc tous ici nous sommes un peu lui mais alors lui il devient un peu nous tous. L’un des apôtres se tenait la tête, c’était Jacques le majeur, il se demandait vraiment comment ils allaient faire si le maître n’était plus car si chaque décision devait tourner ainsi on en aura jamais fini se dit-il. Jean demanda le calme et posa un problème crucial. Si nous le mangeons tous, nous ne laissons rien pour les autres, devons-nous en ce cas nous offrir nous même pour perpétuer cet holocauste ou devons nous juste manger et diviser les pains, ce qui me plairait mieux je ne vous le cache pas. Mais dit Matthieu, si nous le mangeons, ou nous devenons un peu de lui et dans ce cas sommes-nous divinisé, ou nous ne faisons que manger le sacrifice rituel et dans ce cas le maître n’est pas ce qu’il prétend être et ne peut ressusciter puisqu’il ne serait qu’un homme sacrifié.

Comment cela peut-il être possible se demanda l’un des assistants du maître, on les laisse un peu seul et voilà qu’ils remettent en question ce qu’ils ont appris. Certains se dirent, puisqu’il était le christ, et qu’il apportait l’espérance et le renouveau il fallait le croire et ne pas s’en faire, mais les autres refusaient de manger de la chair humaine ainsi. Croire était une chose mais manger en était une autre totalement différente Soudain l’un des assistants qui était à moitié endormi souleva un problème de taille auquel les autres n’avaient pas encore pensé.

Certes dit-il, notre maître nous ordonne de manger le pain qui est sa chair, mais par ce geste quelle partie du corps de mon maître suis-je en train de manger ?

Cette soudaine question plongea l’assistance dans un silence terrible jusqu’à qu’un des assistants puisse trouver une solution. Cela ne tarda pas en la personne de Pierre. Celui-ci déclara que bien évidemment nous mangions en ce cas son cœur car quel est l'organe le plus important pour un homme sinon son chœur. Non non répondit un autre, c’est la tête donc c’est la cervelle qui doit être importante, un troisième suggéra alors une autre partie du corps, le foie, la rate, la langue, si bien que les invités dans la salle avaient fini par énumérer quasiment l’ensemble du corps du rabbi, sauf quelques parties que personne n’était prêt à consommer ni même à nommer en public. Quand brutalement un des apôtres se leva et déclara gravement ; mais si nous mangeons une partie du corps que va t-il rester à mon voisin. Une personne lui répondit aussitôt qu’il y avait suffisamment d’endroit mais celui ci reprit, avec plus de conviction. Certes, mais si tu manges le cœur et que moi j’en désire aussi un morceau, que va t-il me rester alors, un orteil, et qui me dit qu’un orteil suffira pour que je puisse avoir la vie éternelle. Devant cette terrible affirmation, ce fut des cris d'effrois et des questions qui fusèrent de toutes parts, si bien que jusque dans la rue les personnes débattaient du sujet. Certains se demandaient quand même si, en ayant mangé ce morceau de pain, ils avaient avalé un doigt ou un morceau de côte, d’autres préféraient avoir la joue. Certains même prétendirent que c'était une faute, une trahison que de leur avoir donné un morceau de pain qui se transforme ensuite en morceau de corps humain.

Un invité chuchota à son voisin que si chacun ici présent ne mange qu’un petit morceau du rabbi celui ci doit avoir la taille d’un gros chameau vu le nombre d’invités. Mais ce questionnement discret fut amplifié et vint à l’oreille d’un des assistants préférés du maître qui le reprit à son compte pour en partager l’étonnement avec ses frères. En plus se dit un autre comment fera-t-il pour ressusciter si déjà nous l’avons mangé complètement. Cette réflexion les plongea dans la plus grande des perplexités. Un des assistants, celui le moins assidu aux réflexions du rabbi se mit à pouffer de rire en s'imaginant le maître de la taille d'un chameau.

Mais non reprit soudain Simon Pierre, nous ne mangeons que le pain qui le représente, lui est toujours là. Mais alors comment manger quelqu’un et qu’il soit toujours intact demanda son voisin. Vois-tu lui répondit son interlocuteur, c’est comme s’il était le pain lui-même, tu t’imagines qu’il s’est accompli dans le pain, c’est un peu comme si lui et le pain ne faisait qu’un. Certes lui répondit l’un des hommes présent, mais si le maître et le pain ne font plus qu’un, à qui je dois obéissance, est-ce le pain qui me parle ou le maître, puisque au même titre lorsque je mange ; je ne sais si c’est le pain ou le maître, car le maître aurait alors le goût du pain, et que mon pain n’aurait pas le goût du maître puisque je ne l’ai pas encore mangé pour savoir le goût qu’il pourrait avoir.

La stupéfaction se lisait sur tous les visages, et beaucoup se demandèrent alors si le pain qu’ils avaient mangé contenait bien un peu du corps de Ieschoua. Ils décidèrent de demander à Marie Magdala qui connaissait quand même mieux Ieschoua que tous ici, pour savoir si le pain qu’elle avait eut aussi à manger avait le même goût que le corps du maître. Bien qu’un peu embarrassé par la question, elle répondit que le pain n’avait goût que de pain, et que peut-être que le maître rabbin n’avait dit cela que pour faire comprendre que le pain et lui était fait de la même matière.

Un homme invité dans la salle hurla alors : « mais si nous mangeons le rabbi il aura donc le même goût que le pain que nous venons d’ingurgiter, pour avoir la vie éternelle peut-être faudrait-il mieux manger directement le rabbi, ainsi serons nous fixé sur notre sort et nous respecterons les paroles du maître qui nous ordonne de manger du pain pour accéder à l’éternité ».

Beaucoup de personnes acquiescèrent mais certaines demeurèrent sceptiques, lorsque soudain Barthélemy se mit debout et grimpa sur la table afin de se faire mieux voir et entendre. Mes amis un peu de calme, l’heure est grave dit-il, car avez-vous pensé qu’en mangeant ainsi le corps du maître nous avons omis une chose importante. Si le maître s’offre comme l’agneau pour Pessah doit-il en cas être abattu rituellement comme une bête, car sinon s’il reste un homme nous devons tenir compte de ce que dit notre livre Bereschit, chapitre 9 le pacte de Noah, il est dit au verset 6 « Qui répand le sang du glébeux, par le glébeux son sang sera répandu, oui à la réplique d’Elohims, il a fait le glébeux ». 

Pas de problème répondit aussitôt une voix que personne n’arriva à identifier, il s’est offert en tant que l’agneau de Pessah qu’il meure dont en tant que bête. Oui répondit aussitôt un autre mais en ce cas il faut procéder à l’abattage rituel afin que la viande soit consommable, suivons donc le livre tel qu’il est écrit dans Paroles (Deutéronome) Chapitre 12 - Le sang c’est l’être - Verset 21 à 27. suivons les critères de l’abattage en respectant totalement les préceptes des rabbins. Oui faisons cela crièrent plusieurs des invités.

Débarrassons la table et dès que le maître revient, nous l’allongerons sur la table et chacun muni d’un couteau pourra se faire une idée en découpant son morceau. Mais dit un autre des invités, comment allons nous choisir le morceau. Personne ne choisit reprit l’autre puisque le maître dans son entier est le maître donc peu importe le morceau, c’est pour goûter, ainsi nous saurons quelle saveur a le maître et s’il est pareil au pain qu’il nous a donné.

Jacques se leva, et doucement il demanda le calme. Mes chers amis ne nous emballons pas inutilement si nous consommons le sang nous nous retrouvons encore sous le coup des interdits rabbiniques comme vous le savez, et nous serons totalement exclus et impurs. De plus la découpe doit être exempte de tout critère d’invalidation, n’oubliez pas non plus mes amis que l’abattage doit être constitué d’un ensemble de rites dont la chehita est le point culminant, et nous devrions en ce cas récupérer justement ce sang de notre maître et le boire, non mes amis je ne me risquerais pas à cela, certes je veux bien changer des choses mais boire du sang.

Marie-Magdala intervint : « mes frères, vous connaissez ma sympathie pour votre cause et l’amour que je porte à notre maître alors pourquoi vouloir l’abattre comme l’animal pour pessah et risquer l’impureté alors que le maître par le pain et le vin vous offre les mêmes avantages tout en ne vous salissant pas et en ne risquant pas l’opprobre ».

Tous avaient écouté avec sagesse mais un homme se leva et contesta : « nous ne pouvons pas écouter Magdala, c'est une femme et elle ne possède pas le pouvoir d'intervenir dans la loi ».

La voix de Marie-Magdala, reprit « tu pourrais répéter devant ta mère que sa voix ne compte pas, et qu'elle n'a pas le droit de te dire quelque chose, n'est ce pas par nous les femmes que la lignée se transmet »

La voix calme apaisante, de Magdala apaisa doucement les esprits. Tous se calmèrent, et tous reprirent le pain et le vin que Ieschoua avait laissé et se le partagèrent de nouveau, oubliant l’esprit des paroles, mangez ceci est ma chair, buvez ceci est mon sang. Ainsi, même par ce simple geste, les assistants et tous les invités se séparèrent du judaïsme, puisque la chair était mangée sans avoir subi le rituel, et l’interdiction de prendre du sang était maintenant violée. Il n’était plus question de pouvoir revenir aux croyances anciennes.

Cette petite fable, quelque peu ironique n’est en aucune mesure une atteinte à la croyance, car elle s’attaque plus à l’idée et à l’esprit de certains rites qui semblent quelque peu déroutant pour les fidèles d’aujourd’hui. Saint Augustin déclara dans ses écrits que les fidèles acceptent l’eucharistie sans répugnance, « bien que dévorer cette chair paraisse plus affreux que de tuer un homme. » Donc avant de me condamner, réfléchissez d'abord aux paroles de vos propres saints.

Obscène, du latin obscenus, signifiant « de mauvais présage » ou « de mauvaise augure.»











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